La science
La thérapie cognitivo-comportementale par Internet
Ce qu'est la TCC-I, pourquoi c'est la forme la plus crédible de soins en santé mentale numérique, et pourquoi, après 25 ans, elle est mûre pour une réinvention.
Ce qu'est la TCC-I
La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est l'approche la plus étudiée en psychologie clinique. La TCC-I transmet ses habiletés et ses stratégies par des programmes en ligne structurés, généralement de 6 à 12 modules, chacun présentant du contenu éducatif ou enseignant une technique thérapeutique.
Les programmes sont soit entièrement autoguidés, soit réalisés avec le soutien limité d'un thérapeute. Comme ils n'exigent pas de rendez-vous hebdomadaires, ils coûtent beaucoup moins cher qu'une thérapie individuelle et peuvent rejoindre des gens qui, autrement, n'auraient aucun soutien.
Une base de recherche substantielle
La TCC-I se distingue des applications de santé mentale qui remplissent les boutiques d'applications, déjà estimées à 10 000 en 2017 (Torous et Roberts, 2017). L'utilisation réelle de ces applications est à peu près négligeable (Baumel et al., 2019), et les essais portant sur des applications qui offrent des interventions psychologiques ne relèvent que de faibles améliorations (Goldberg et al., 2022). Les programmes de TCC-I sont d'une autre nature : développés avec des cliniciens, évalués dans des essais révisés par les pairs sur deux décennies, et montrant une efficacité modérée à élevée pour un large éventail de difficultés (Taylor et al., 2021). Les constats de cette page décrivent cette littérature publiée, pas la plateforme que THEOR-E développe.
Parcourir les programmes de TCC-I établis et leurs données probantesLà où ça a stagné
Le mode de prestation n'a presque pas changé depuis le début des années 2000 : on déclare un diagnostic principal, on reçoit le programme fixe correspondant. Trois problèmes découlent de cette conception.
Une étiquette, un programme
Les programmes sont conçus pour un seul diagnostic. Or, vivre plus d'une difficulté à la fois est la norme plutôt que l'exception (McGrath et al., 2020), et les difficultés secondaires restent généralement sans réponse.
Passifs par conception
La plupart des programmes se résument à des chapitres à lire et à des vidéos à regarder. Peu d'interactivité, peu de pratique, et peu ou pas d'usage significatif de l'IA.
Les gens décrochent
Quand l'Ontario a financé l'accès gratuit à deux des plus grands programmes de TCC-I au Canada pendant la COVID-19, 48 949 adultes s'y sont inscrits. Seulement 22 à 26 % ont terminé plus des trois quarts de leur programme, et les symptômes d'anxiété et de dépression n'ont diminué que de 13 à 17 % en moyenne (Khan et al., 2024).
Les entreprises derrière la TCC-I actuelle n'ont pas corrigé le tir. Les fournisseurs de programmes d'aide aux employés traitent la TCC-I comme un produit parmi d'autres dans un vaste portefeuille; les entreprises spécialisées en TCC-I sont plus concentrées, mais livrent encore le même modèle que celui étudié il y a vingt ans.
Sources
La suite
Nous rebâtissons le mode de prestation plutôt que d'ajouter un autre programme fixe à la pile.